La chronique comique, plaisante et réjouissante de Valérie Lafortune

Gestion des attentes. Bien que cette chronique contienne certaines informations utiles, elle se lit avant tout avec un sens de l’humour aiguisé, un esprit ouvert et un sourire en coin.

Nous disions donc… À l’aube de publier mon premier roman, on m’a souvent posé la question suivante, celle à cent dollars. Il a combien de pages, ton livre ?

Malheureusement, c’est une question impossible à répondre, car il y a mille réponses et aucune à la fois. Pourquoi ? Parce que nombre de pages est la mauvaise unité de mesure.

C’est comme se faire demander notre grandeur en mètre ou notre poids en kilos. Mauvaise unité de mesure !

Quelle est l’unité de mesure chouchou des auteurs, plumaristes, polaristes & cie ?

L’unité de mesure privilégiée du monde de l’édition est (roulement de tambour) le nombre de mots!!!

Comme le nombre de pages d’un livre dépend de plusieurs facteurs, tels la dimension du livre, la grosseur des caractères et des marges et le nombre d’interlignes, c’est un indicateur trompeur de la densité d’un texte. 

Mais si on parle d’un manuscrit de 50 000 mots ou d’un article de 500 mots, alors ça, ça nous donne une bonne idée, car on sait qu’une page de traitement de texte contient environ 250 mots (en utilisant une police standard, une taille de caractère 12 points et un interligne double).

Et juste quand on peut faire simple et qu’on pense avoir trouvé un concept universel, on fait compliqué. En Europe, ils ne comptent pas les mots, mais les caractères. Oui, oui, vous avez bien compris ! Les points, les virgules, les lettres, les parenthèses, toute toute toute. 

Nombre de mots vs nombre de caractères, c’est un peu comme centimètres vs pouces ; c’est pareil, mais différent. Mais concentrons-nous sur le sujet qui nous fascine : le nombre de mots.

À quoi ça sert, de compter les mots ?

1. Gérer ses sessions de travail

Si je veux écrire entre 500 et 1000 mots par jour, ce qui est un but réaliste en soi, à combien de pages ça équivaut sur mon ordinateur ? Voyons voir les ceusses qui sont forts en math…

Une page typique de traitement de texte compte 250 mots.

500 mots = 2 pages

1000 mots = 4 pages

2. Planifier l’écriture d’un roman

Je veux écrire un roman de 60 000 mots ? Ça va me prendre combien de temps à l’écrire ? 

Encore une fois, petite gymnastique mentale nécessaire ici, alors suivez-moi bien. 

Mettons que j’écris 1000 mots par jour. 60 000 mots divisés par 1000 = 60 jours. Ou trois mois, si on ne compte pas les week-ends. 

Je mettrais donc trois mois (une saison… à votre choix) à écrire mon premier jet.

Mais honnêtement, ça prend une discipline de fer et le rythme est difficile à soutenir. Pourquoi ? Parce que la vie. Parce qu’il y a autres choses à faire l’été, parce que le manque d’inspiration, le travail, les enfants, les vacances, la maladie, il fait beau dehors, il ne fait pas beau dehors, ça ne me tente pas, le syndrome de la page blanche, mon émission de télé, c’est jeudi, le chien a mangé mon plan.

3. Savoir quand arrêter d’écrire

Certaines règles balisent et permettent d’identifier les différents formats littéraires. Par exemple, un blogue compte moins de 500 mots. Une nouvelle, moins de 20 000. Une novella se situe entre 20 000 et 50 000. Un roman pour adulte compte entre de 50 000 et 120 000 mots et un livre pour enfants en aura moins de 1000. Vous voyez le topo.

Mon premier manuscrit comptait autour de 88 000 mots. Avec le travail d’édition, on a coupé jusqu’à soixante quelque mille. Au final, je trouve que ça a donné un livre d’une grosseur idéale. Ce n’est pas une brique impressionnante qu’on regarde avec découragement avant même de l’ouvrir. Il se tient bien entre les mains et on n’a pas besoin d’une loupe pour voir les lettres. Il y a même de la place pour annoter les commentaires dans la marge !

Des pages et des mots

La beauté dans tout ça, c’est que rien ne dicte le nombre de mots ou de pages que doivent contenir vos journaux de gratitude, vos textos joyeux, vos lettres ou vos cartes de souhaits. 

Tapissons donc nos pages de mots.

Mot-dit-ement vôtre, tout en caractères,

Valérie Lafortune

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