
Depuis que je suis jeune, j’ai toujours aimé lire. Découvrir différents styles, différents univers. En devenant autrice, j’ai croisé le terme bêta-lecteur. Je n’avais aucune idée en quoi cela consistait et j’étais loin de m’imaginer me laisser prendre au plaisir d’en être une.
Le rôle de bêta-lecteur en est un beaucoup plus complexe qu’on pourrait le croire. Il ne s’agit pas simplement de lire un manuscrit et de donner son avis. Pour y parvenir, il faut trouver l’équilibre entre les émotions ressenties en tant que lecteurs et le côté analytique de l’œuvre qui nous est proposée. Et c’est là que les choses peuvent se compliquer…
En tant que bêta-lecteur, il est nécessaire de garder notre curiosité et de plonger dans l’univers que nous découvrons. Il faut être à l’écoute de nos émotions et de ce que nous ressentons tout le long de la lecture. C’est essentiel. C’est en quelque sorte le reflet de ce que vivra le public si ce projet va de l’avant.
Simultanément, il est nécessaire de lire le manuscrit de manière très rationnelle. On analyse la cohérence de l’intrigue, la richesse des personnages, le rythme, le style, etc. Pour ce faire, cela demande de prendre du recul et de faire preuve de discernement.
Ce merveilleux rôle que j’adore exige de trouver l’équilibre entre la tête et le cœur. Il faut plonger dans l’histoire, mais ne pas oublier l’analyse qui nous est demandée. L’un ne doit pas étouffer l’autre. Les deux aspects doivent pouvoir cohabiter. C’est dans cet équilibre que le bêta-lecteur trouve toute sa pertinence.
Notre but est d’aider l’auteur à améliorer son texte tout en respectant son univers et ses couleurs. C’est une aventure passionnante, où chaque lecture devient une rencontre unique entre sensibilité et réflexion.

Brigitte Lussier
