
Depuis que je suis toute jeune, la lecture a toujours eu une place importante dans mon quotidien. M’évader dans ces univers est un véritable plaisir. Cela me permet de mettre mon mental sur pause. C’est, en quelque sorte, ma façon de méditer et de relaxer.
J’ai longtemps rêvé de faire partie de ces livres que l’on retrouve en bibliothèque et en librairie. Lorsque tout s’est enligné et que je me suis donné le droit de partager ces aventures avec vous, j’ai découvert un monde de possibilités.
Personnellement, écrire ne me détourne pas de mon besoin de lire, mais cela amène des défis que je n’avais pas soupçonnés. En effet, à force de lire les autres plumes, je me suis un peu perdue.
Au fil du temps, je me suis comparée. J’ai observé les styles d’écriture, les structures, etc. J’ai noté ce que j’aimais le plus et ce qui me plaisait moins. J’ai amené un esprit critique et analytique dans un loisir qui n’était, jusqu’ici, que joie et liberté.
Et lorsque j’ai repris stylo et papier, tout me paraissait plus fade, sans vie. Mon style d’écriture ne me faisait plus vibrer. Je n’étais que mots et phrases sans émotion ni passion. Je m’étais déconnectée de mon essence et je voulais écrire comme les auteurs qui m’avaient charmée. Je m’étais effacée, diluée…
La solution : arrêter de lire ? Peut-être que, pour certains, c’est la façon de faire. Une manière de se préserver et de ne pas se teinter des nuances des autres. De ne pas perdre son unicité.
Ma solution : écrire. Écrire sans réfléchir. Écrire pour le plaisir, sans utiliser la logique ni le jugement. Seulement écrire. Au fil des mots, des phrases, on retrouve son rythme. On prend son élan, on ouvre les ailes et on reprend son envol.
Le secret : être capable de faire taire son mental. Avoir du plaisir dans la lecture et retrouver notre liberté d’être l’autrice que nous sommes, en mettant les mots un après l’autre sur papier…

Brigitte Lussier
